Deux concepteurs systèmes
Les deux hommes se connaissaient depuis des années avant la conversation qui allait donner naissance à Max. Ils avaient souvent parlé de technologie et de droit, de ce que chaque génération de logiciels d’entreprise avait transformé et de ce qu’elle n’avait jamais réellement résolu, sans imaginer que la réponse émergerait du projet qu’ils finiraient par construire ensemble.
Chacun avait passé trente ans à observer le même problème d’architecture apparaître, depuis deux extrémités opposées du monde de l’entreprise : l’un à travers les systèmes qui organisent l’information, l’autre à travers la pratique du droit qui organise le conseil.
Ce qui a tout changé, c’est l’arrivée de l’IA générative et la vitesse à laquelle elle a commencé à transformer la profession juridique. Tous deux ont observé la même chose au même moment : la technologie disposait désormais de la puissance nécessaire, les outils proposaient déjà les interfaces, mais le travail des avocats continuait à devoir s’adapter aux limites de ce que les systèmes étaient capables de prendre en charge.
Aucun des deux n’a eu besoin de convaincre l’autre. La décision de créer Max n’est pas née d’un débat. Elle est née de la prise de conscience que leurs trajectoires respectives convergeaient depuis des années vers la même réponse.
Jean-Michel Cambot
Co-fondateur
Jean-Michel est l’inventeur de la couche sémantique qui a donné naissance à Business Objects, la catégorie logicielle qui a permis aux utilisateurs métiers d’accéder directement aux données de leur entreprise sans passer par le service informatique. L’architecture qu’il a conçue au début des années 1990 a marqué toute une génération de logiciels d’entreprise et demeure aujourd’hui utilisée dans la plupart des grandes organisations à travers le monde.
Depuis plus de trente ans, il observe la réapparition du même schéma à chaque nouvelle vague technologique : une nouvelle infrastructure, puis le même écart entre la puissance disponible et le travail qu’elle est censée servir. Il a vu cet écart se réduire dans certains domaines puis réapparaître ailleurs, attendant le moment où la prochaine couche deviendrait à la fois techniquement possible et réellement nécessaire.
Lorsque l’IA générative a fait réapparaître cet écart dans le travail juridique, la question n’était plus de savoir s’il fallait concevoir la couche suivante. La seule question était de savoir avec qui la construire.
Olivier Lopez
Co-fondateur
Olivier conçoit des systèmes depuis trente ans. Après quinze années de pratique au sein de grands cabinets internationaux, au cours desquelles il a accompagné des opérations où la qualité de la structuration détermine souvent le succès ou l’échec, il fonde Squair en 2019. Un cabinet pensé non comme un cabinet doté de nouvelles règles internes, mais comme un système fondé sur de nouvelles règles : sur l’association, sur l’allocation des ressources et sur la transparence.
Pendant toutes ces années, il a observé le même décalage au sein du travail juridique. Des technologies incapables de comprendre le travail qu’elles étaient censées servir, et une méthodologie qui n’existait nulle part ailleurs que dans l’esprit des praticiens les plus expérimentés. Année après année, il a constaté que les systèmes imposés aux avocats étaient conçus par des personnes qui n’avaient jamais vécu un closing à deux heures du matin.
Lorsque la réponse architecturale est devenue techniquement possible, la question est restée la même : non pas s’il fallait la construire, mais avec qui.
La voie la plus simple lorsqu’on développe un produit d’IA juridique consiste à créer une interface. Une plateforme. Une nouvelle application que les avocats doivent ouvrir, apprendre et adopter. La plupart des solutions d’IA juridique ont choisi cette voie, et les raisons commerciales qui l’expliquent sont évidentes.
Max a choisi l’approche inverse. Il n’existe aucune interface Max à ouvrir. Aucune application Max à apprendre. Aucun nouvel endroit où les avocats doivent se rendre. Max vit à l’intérieur des outils qu’ils utilisent déjà et agit depuis ceux-ci. L’utilisateur ne va pas vers Max. Max vient à lui.
Ce qu’ils ont choisi de ne pas construire
Un bon design ne se mesure pas à ce qui a été ajouté.
Il se mesure à ce qui n’a plus besoin d’exister.
C’est techniquement la voie la plus difficile. Faire disparaître le système aux yeux de l’utilisateur relève de l’architecture davantage que de l’ingénierie. Cela implique de construire tout ce qui permet à cette couche de devenir invisible : l’orchestration, la mémoire, la méthodologie et la gouvernance.
Construire Max de cette manière n’est pas un choix marketing. C’est la conséquence de trente années passées à observer ce qui permet réellement aux logiciels d’entreprise de durer. Les outils qui réclament l’attention des utilisateurs finissent par entrer en concurrence pour elle et par la perdre. Les couches qui disparaissent dans le travail quotidien survivent aux cycles technologiques qui les ont vues naître.
Les avocats n’utilisent pas Max.Ils lui demandent quelque chose.