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Composition typographique du terme Modèle, couche, application

Le vocabulaire de l'IA

Modèle, couche, application : lequel de ces trois étages vous appartient ?

Le modèle de fondation est le moteur générique, entraîné par un laboratoire sur des corpus généraux. La couche applicative est ce qui l'encadre pour un métier donné. L'application est ce que vous manipulez. Aucun des trois ne vous appartient, mais ce que vous y déposez, oui — et cela dépend entièrement de l'étage où il est conservé.

Les trois étages

Au premier, le modèle de fondation. Quelques laboratoires dans le monde en produisent, à un coût qui se compte en centaines de millions. Il ne connaît ni votre métier, ni vos dossiers, et il est le même pour tous ceux qui l'utilisent.

Au deuxième, la couche qui l'encadre : ce qui décide de ce qu'on lui donne, de la manière dont on découpe une tâche, de ce qu'on vérifie avant de restituer, et de ce qu'on conserve après. C'est l'étage où se situe la spécialisation métier.

Au troisième, l'application : l'interface, l'intégration dans vos outils, la gestion des accès. C'est ce que vos équipes voient et jugent.

Pourquoi la distinction est mal connue

Parce que la communication du marché la brouille. Un fournisseur d'application dira volontiers qu'il « utilise le meilleur modèle », ce qui est exact et ne dit rien de ce qu'il fait par-dessus. Un laboratoire dira que son modèle « comprend le droit », ce qui est vrai au sens où il en a lu beaucoup.

La conséquence pratique est qu'on compare des produits sur le nom de leur moteur, alors que c'est souvent le seul point commun entre eux.

Comment savoir à quel étage on parle

Trois questions suffisent à situer un interlocuteur, et elles se posent sans compétence technique.

Qui a entraîné le moteur que vous utilisez ? Si la réponse est un laboratoire tiers, votre interlocuteur travaille au deuxième ou au troisième étage, ce qui est la situation normale et n'a rien de gênant.

Que faites-vous entre ma demande et l'appel au moteur ? Une réponse détaillée décrit une couche réelle ; une réponse vague indique qu'il n'y a pas grand-chose entre l'interface et le modèle.

Et que se passe-t-il si ce moteur disparaît demain ? Un fournisseur qui a construit une couche répond qu'il en branche un autre. Un fournisseur qui n'en a pas répond que cela n'arrivera pas.

Ce que ça ne résout pas

Connaître l'architecture ne vous dit pas où vos données sont conservées. Une application peut n'en garder aucune, ou tout garder. Un modèle peut être hébergé chez son éditeur ou dans une infrastructure dédiée. Ces questions se posent étage par étage, et la réponse n'est pas la même.

La distinction ne dit rien non plus de la qualité. Un excellent modèle mal encadré donne de mauvais résultats sur une tâche complète ; un modèle moyen bien encadré donne des résultats utilisables. C'est l'étage intermédiaire qui décide, et c'est le moins visible des trois.

Pourquoi ça compte pour un juriste

Parce que la question de la réversibilité se pose différemment à chaque étage. Ce qui est attaché au modèle disparaît quand il change, ce qui arrive tous les 6–12 mois. Ce qui est attaché à la couche survit à ce changement, si la couche vous le restitue. Ce qui est attaché à l'application disparaît avec elle.

La question à poser est donc : à quel étage sont conservées nos décisions, notre terminologie, l'historique de nos dossiers ? Si la réponse est au premier, vous perdrez tout au prochain changement de moteur.

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