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Composition typographique du terme Marquage des textes générés

Le vocabulaire de l'IA

Marquage des textes générés : que prouve-t-il exactement ?

Le marquage insère dans un texte produit par un modèle un signal statistique imperceptible à la lecture, destiné à révéler qu'un système est intervenu. Il atteste un traitement, pas une paternité : un texte entièrement généré et un texte simplement reformulé portent le même signal, et rien ne les distingue.

Comment ça fonctionne

Au moment où le modèle choisit ses mots, une contrainte oriente très légèrement ses choix selon un motif connu de son éditeur. Le texte reste naturel, sa qualité n'en souffre pas, et une analyse statistique peut ensuite reconnaître le motif.

Ce n'est donc pas une signature apposée dans un fichier, que l'on pourrait effacer en changeant de format. C'est une propriété du texte lui-même, qui survit au copier-coller et à une partie des modifications.

Ce qu'il atteste, et ce qu'il n'atteste pas

Il atteste qu'un modèle marqué a produit ce passage. C'est tout, et c'est peu au regard de ce qui intéresse un juriste.

Il n'atteste pas que le raisonnement vient du modèle. Un texte rédigé par un collaborateur puis soumis pour amélioration de sa formulation porte le marquage au même titre qu'un texte entièrement produit.

Il ne dit pas quelle proportion du texte est concernée, ni à quel moment de la rédaction l'intervention a eu lieu.

Et il ne couvre pas tous les modèles : il s'applique aux systèmes mis sur le marché à partir d'une certaine date, la couverture des versions antérieures étant progressive.

La difficulté propre à un cabinet

Elle tient à un décalage de calendrier. Les marquages sont apposés dès maintenant, dans des textes qui circulent, sont déposés et archivés. Les outils permettant de les détecter ne sont pas encore largement diffusés.

Un cabinet n'a donc aujourd'hui aucun moyen de savoir ce que sa propre production passée en comporte. Et il devra, le cas échéant, expliquer une situation qu'il ne peut pas constater lui-même.

Le cas ordinaire, qui est le plus gênant

Un collaborateur rédige un projet de conclusions. Il soumet un paragraphe pour en vérifier la clarté, reprend la version proposée, la retravaille, l'intègre. Le texte final est le sien, l'analyse est la sienne, la stratégie est celle de l'associé qui signe.

Ce texte porte désormais un marquage. S'il est détecté, il atteste qu'un modèle a traité ce passage. Il ne dit pas que le raisonnement en provient, et rien dans le signal ne permet de l'établir.

La difficulté n'est donc pas juridique au sens strict, elle est probatoire : le cabinet devra expliquer ce qui s'est passé, et il ne le pourra que s'il en a gardé la trace.

Ce que ça ne résout pas

Le marquage ne dit rien de la qualité du texte, ni de l'exactitude de ses références. Un texte marqué peut être excellent et un texte non marqué peut contenir des erreurs graves.

Il ne constitue pas non plus une preuve au sens processuel : c'est un signal probabiliste, il peut disparaître avec la réécriture, et son interprétation dépend d'outils dont les spécifications ne sont pas publiées.

Il ne crée enfin aucune obligation nouvelle pour vous. Rien n'interdit à un avocat d'utiliser un outil ; ce qui est en jeu est la capacité à décrire ce qui a été fait, exigence ancienne et non nouvelle.

Pourquoi ça compte pour un juriste

Parce que la charge de l'explication vous reviendra. Si un marquage est relevé, il ne dira pas ce qui s'est passé : c'est à vous de le dire, et vous ne le pourrez que si vous avez conservé une trace de votre processus de production.

Cette évolution ne crée donc pas une obligation : elle rend soudainement utile une traçabilité que peu de cabinets avaient organisée.

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