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Composition typographique du terme Assistant ou agent

Le vocabulaire de l'IA

Assistant ou agent : lequel travaille vraiment ?

Un assistant répond à une demande et s'arrête. Un agent poursuit un objectif : il décompose la tâche, enchaîne plusieurs opérations, consulte des sources, et rend un résultat sans qu'on lui indique chaque étape. La différence n'est pas de puissance mais d'autonomie.

Ce que fait un assistant

Vous lui donnez une instruction, il produit une réponse. Reformuler un paragraphe, expliquer une notion, résumer un texte que vous lui avez fourni. Chaque échange est clos : ce que vous obtenez dépend uniquement de ce que vous avez écrit.

Le rapport est celui d'une question et d'une réponse. Si la tâche demande cinq étapes, c'est vous qui les enchaînez, en cinq demandes successives, en reportant à chaque fois le résultat de la précédente.

Ce que fait un agent

Vous lui donnez un objectif, il détermine lui-même les étapes. Sur une demande du type « vérifie si ce contrat est cohérent avec notre position habituelle sur la responsabilité », un agent ouvre le contrat, identifie la clause, cherche les positions antérieures, les compare, et vous rend un écart constaté.

Trois choses le distinguent : il découpe la tâche sans qu'on le lui dise, il utilise des outils extérieurs — une recherche, une base, un fichier —, et il continue jusqu'à ce que l'objectif soit atteint ou qu'il constate ne pas pouvoir l'atteindre.

Où passe la frontière, concrètement

Le critère utile n'est pas le nom du produit mais la question suivante : qui décide de la deuxième étape ? Si c'est vous, en écrivant une nouvelle demande, vous avez un assistant. Si c'est le système, à partir du résultat de la première, vous avez un agent.

Cela explique une confusion fréquente. Beaucoup d'outils présentés comme des agents sont des assistants auxquels on a ajouté des raccourcis : le découpage a été écrit à l'avance par le concepteur, il ne dépend pas de ce que le système observe en cours de route. C'est une automatisation, ce qui est utile et différent.

Un second critère aide à trancher : l'agent utilise-t-il des outils extérieurs de sa propre initiative ? Ouvrir un fichier, lancer une recherche, consulter une base sont des actions ; un système qui les déclenche sans qu'on le lui demande à chaque fois agit, un système qui attend l'instruction répond.

Ce que ça ne résout pas

L'autonomie augmente la portée d'une erreur au lieu de la réduire. Un assistant qui se trompe produit une réponse fausse que vous lisez ; un agent qui se trompe à la deuxième étape construit les trois suivantes sur cette erreur, et vous ne voyez que le résultat final.

Un agent ne sait pas davantage ce qu'il ignore. S'il ne trouve pas la position antérieure qu'il cherchait, il peut conclure qu'elle n'existe pas et poursuivre, alors qu'elle était simplement rangée ailleurs.

Il faut ajouter que l'autonomie se paie en visibilité. Plus le système enchaîne d'étapes seul, moins vous voyez ce qu'il a fait, et plus la vérification finale devient difficile : vous recevez une conclusion sans le chemin qui y mène.

Et l'autonomie ne remplace pas le contexte. Un agent très capable qui ne connaît pas votre dossier prendra des décisions de découpage cohérentes avec ce qu'il croit comprendre de la demande, pas avec ce que le dossier exige.

Pourquoi ça compte pour un juriste

Parce que la question de la supervision se pose différemment dans les deux cas. Relire la réponse d'un assistant, c'est relire un texte. Relire le résultat d'un agent, c'est vérifier un enchaînement dont on n'a pas vu les étapes.

La demande à formuler en découle : un agent doit pouvoir montrer son chemin. Non pas expliquer son raisonnement, ce qu'aucun système ne fait de manière fiable, mais indiquer ce qu'il a ouvert, ce qu'il a retenu, et à quel moment il a cessé de chercher.

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